Théâtre du Grand Rond
23 rue des Potiers
31000 Toulouse
Tél. : 05 61 62 14 85

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Stage de 6 mois à compter de janvier 2021.
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Et pour vous, que signifie pour vous assister aux spectacles vivants ?
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#cultureENFEU

Les salles du réseau indépendant chevauchent le tigre une nouvelle fois ! Que signifie pour vous assister aux spectacles vivants ?

[message de spectateur] reçu le 14 novembre 2020, au temps du confinement :
"Je rêve d’une société faisant du spectacle vivant une priorité !
Paradoxalement, réfléchir au spectacle vivant me renvoie à la représentation des mourants. Il me faut vous dire que j’ai consacré la quasi-totalité de ma carrière de soignant à être aux côtés de personnes en fin de vie et de leur famille. J’ai eu la responsabilité de créer, puis d’être le chef de service de la 1ére unité de soins palliatifs toulousaine. D’emblée, je savais que la représentation dominante que notre société se faisait de ce lieu, avait les apparences du mouroir. Allez donc faire comprendre au commun des mortels que tant qu’on est vivant, on n’est pas mort. L’idée me vint que seule la culture pourrait être un levier pour changer le regard sur ce lieu. Nous y avons organisé des concerts, des expositions et accueilli des artistes en résidence. Quel bonheur de voir la mimique de quelqu’un qui vient y perdre un être cher, se muer en sourire quand il croise l’artiste en résidence. Quelle joie de voir les yeux emplis d’émotions des personnes que nous accueillons lorsque trois copains de mon fils, musiciens, viennent jouer l’aubade dans leur chambre.
Les ministères de la santé et de la culture ont passé un accord pour que la culture entre à l’Hôpital. Les crédits sont minces. Il parait qu’ils sont sanctuarisés. Qu’en sera t’il après la COVID comédie ? D’aucuns se sont saisis de l’opportunité qui s’est élargie aux établissements accueillant des personnes âgées. Il faut avoir vu une vieille dame atteinte d’un démence type Alzheimer tomber amoureuse du danseur en résidence. Elle passe le plus gros de son temps à ne rien faire , ne sachant plus faire. Le danseur arrive. Elle s’anime. Elle se met  à danser avec lui. Son visage est illuminé…
Le jour de la journée mondiale des soins palliatifs, nous faisons une animation de rue. Nous nous sommes adjoints deux clowns professionnels pour attirer le chaland. A un moment donné, ils m’interpellent. Ils ont abordé un couple. Ils étaient endeuillés récent. Leur peine les débordait. Ils m’en firent récit. Au terme de quoi, je formulais qu’il n’y avait plus qu’une chose à faire. Je les enlaçais. Après un moment de surprise les clowns firent de même. Nous nous mîmes à danser. Ils ébauchèrent des sourires et le gardèrent quand on se quittât. Quel beau cadeau, ils venaient de me faire. Et l’on voudrait nous confiner. Et pour les empêcher de mourir il faudrait confiner les vieux.
Nous vivons dans une société de plus en plus mortifère où nous avons grand besoin de se sentir vivre. Le seul remède efficace dont j’ai connaissance est le spectacle vivant. J’en ai fait bon usage. Nous avons évalué les résultats. Cerise sur le gâteau, nos résidences d’artiste impactaient positivement le lien social au sein de l’hôpital. Non seulement, avec les patients, mais aussi entre soignants ! Quel plaisir de voir un patient et un médecin discuter de leurs accords ou désaccords sur la production artistique.
Je fais donc une prescription à haut niveau de preuves. Je précise d’abord que je n’ai aucun conflit d’intérêt avec les entreprises concernées. Ma prescription concerne une maladie chronique de forte prévalence : la vie. L’augmentation de l’espérance de vie confirme que l’on vit des dizaines d’années en plus, depuis le 20ème siècle. Cela se confirmait au début du 21ème. Une épidémie dite de la COVID vient néanmoins de nous rappeler que nous sommes vulnérables. Cela ravive la peur de mourir. Mais rappelez-vous bien que tant qu’on vit, on n’est pas mort. Cela justifie pleinement la prescription hebdomadaire d’au moins un spectacle vivant. Cette prescription concerne aussi bien le domicile que l’hôpital et les établissements médico-sociaux.
A ce titre, je propose que les parlementaires modifient le livre préliminaire du code de la santé publique sur les droits des malades et des usagers du système de santé. Il s’agit de reconnaitre un nouveau droit, celui d’accéder sans discrimination aux spectacles vivants. Par ailleurs l’ensemble des acteurs du spectacle vivant seront reconnu comme membres à part entière des équipes de soins de la vie. Ces antiques métiers, plein de modernité, seront financés par un prélèvement systématique sur les dividendes et les profits des finances virtuelles qui sinon finiront par ne servir à rien. En effet, quand on aura fini de détruire les services publics de santé, quand on aura fini de détruire le spectacle vivant, quand on aura détruit la biodiversité… ceux qui resteront, avec tout leur pognon, qu’est-ce qu’ils vont s’ennuyer…c’est sûr, ils vont mourir d’ennui et c’est long vers la fin !"
Thierry, spectateur

[message de spectatrice] reçu le 13 novembre 2020, au temps du confinement :
Chronique d’amours impossibles, de rêves et de partages interdits par qui ? par quoi ? pourquoi ?
Assister à un spectacle vivant signifie pour moi rêver, m’évader, m’élever, partager -recevoir et donner- bref tout simplement vivre !
Quand au mois de mars, le Corona a franchi les frontières françaises et a nécessité le premier confinement, j’ai été sonnée ! Comment allais-je pouvoir respirer ? Pour moi, une semaine sans aller minimum une fois par semaine au théâtre est inconcevable…  Alors ce premier confinement, sur le coup, ce fut dur mais vu le côté impératif de la mesure (elle me semblait être le seul moyen d’enrayer la pandémie, ce qui était primordial) …j’ai réussi à survivre ! J’ai appris à voir autour de moi tout ce qui était beau : les moments de partages comme les sourires échangés dans les rues lors des promenades, de solidarités envers les premiers de cordée, en particulier le personnel soignant applaudi tous les soirs à 20h00 – moment très chaleureux sur les balcons- pour lesquels de nombreuses banderoles sont venues égayer façades, portes et volets. Un recevoir / donner qui me faisait rêver dans un monde si individualiste ! Un Après +++ ? … un espoir naissait, un quelque chose émouvant … recommencer à rêver était possible. Et puis il y avait tous les lieux, structures, compagnies qui n’ont jamais baissé les bras et ont toujours- animé-e-s de la même passion- donné de leur personne, de leur énergie avec des offres diverses et variées : lectures confinées, émissions radiophoniques, lectures « de la bouche à l’oreille »
Mi-juin, retour d’une semi-liberté avec assez vite réouverture des portes des Cinémas et Théâtres : Dès le premier jour j’y étais ! Pour moi bien-sûr mais aussi pour les autres ! Car sans les autres, il n’y a pas de plaisir ! Les émotions doivent être partagées ! et, pour assister à des spectacles vivants, il faut qu’il y ait des spectacles vivants ! Donc assister à des spectacles vivants signifie aussi assister les spectacles vivants ! Être là coûte que coute même si les conditions ne sont pas géniales ! Porter le masque, garder ses distances…  Cela ne garantit pas vraiment la convivialité ! Mais si on m’explique qu’il est impossible de faire autrement, ok ! Trop heureuse d’être devant des comédien-ne-s, assise dans une salle même masquée, je suis bien, j’arrive même à ressentir les émotions des autres spectatrices et spectateurs dont le cœur bat également fort et dont les yeux pépient … le partage existe même s’il est différent !
Cela a duré tout l’été…un été radieux même si tempéré : jauges réduites, nombreux festivals annulés, mesures contraignantes pour tous et forcément économies fortement impactées pour des structures parfois déjà fragiles ou qui le deviennent !
Rentrée frileuse mais rentrée tout de même, sur la lancée de l’été…je croise les doigts…j’y crois, je veux y croire ! Je reste persuadée que pour continuer à assister aux spectacles vivants et donc à rêver…………, il faut assister les spectacles vivants ! Je me dois (cela ne me coûte vraiment pas au sens ne me pèse pas) d’être là ! Je porte le masque, je respecte les distances, mais je suis là ! Tout comme les lieux, les structures, les compagnies…et le public je veux VIVRE ! VIVRE ! VIVRE !
Octobre, couvre-feu ! Réduire les rassemblements, sources de clusters ? Mouais…je veux bien croire…Il n’empêche, tous les lieux débordent d’énergie, sont très réactifs et s’adaptent : horaires , programmations  modifié-e-s et cela continue, avec encore moins de convivialité – temps resserré, pas le temps d’échanger y compris quelques mots masqués, parfois obligation de laisser ses coordonnées pour traçage si cas positif avéré, mais la vie continue clopin- clopant …bravo franchement à toutes et ceux qui se sont investi-e-s et m’ont permis de vivre quelques semaines supplémentaires !
Mais, très vite le couperet est tombé le 30 octobre au soir ! Nouveau confinement ! Je choisis bien le mot couperet car pour moi ce fut vraiment un coup de massue (je sais très bien que je ne suis pas la seule…mais je ne peux parler qu’en mon nom !).
Je ne suis pas scientifique, médecin…mais j’ai conscience que le Corona est toujours là et fait des dégâts ! J’entends que tous les rassemblements et surtout en « vase clos » sont potentiellement nids de clusters ! Les Bistrots et les Restos sont forcément concernés ! Les salles de Cinémas et de Théâtres où les personnes sont amenées à rester un long moment ensemble, même dans les meilleures conditions possibles : port du masque, distances respectées, croisements évités, désinfections systématiques… le sont également …
Ok, ok …c’est hard, c’est un crève-cœur…plus de rêve, plus d’évasion, plus de partage possibles… je vais reprendre mes livres et essayer de rêver, d’imaginer des mises en scène éventuelles, d’entendre des musiques, de visualiser des costumes puis tenter de partager avec des ami-e-s ces expériences par écrit (je ne suis pas réseaux sociaux que je trouve déshumanisés et contraires au vivant !)
MAIS, cette fois, en plus de souffrir de ne plus pouvoir assister aux spectacles vivants et par la même de ne plus pouvoir assister les spectacles vivants, je suis en colère !
*En colère oui car les élèves ne sont-ils pas agglutinés des heures durant dans un espace clos ?
*En colère oui car les salarié-e-s ne sont-elles/ils pas les un-e-s sur les autres des heures durant dans un espace clos ?
*En colère oui car pour se rendre dans ces espaces clos, combien prennent les transports en commun bondés ?  
En colère car où est la cohérence ? Il n’y en a évidemment aucune ! Si celle de l’argent !

En parlant d’argent, sans vouloir polémiquer -un peu tout de même- si l’état avait employé à bon escient celui de nos impôts pour créer des lits d’hôpitaux -au lieu de les fermer ! - pour former du personnel soignant en nombre suffisant …Serions-nous dans cette situation aujourd’hui ?
>>>>>>>>>>>>>Pour VIVRE, pour rester VIVANTS …
Si nous nous mettions tous ensemble lieux, structures, compagnies, publics … et nous retrouvions pour crier notre colère
Pour dire haut et fort que nous sommes encore VIVANTS !

Une spectatrice confinée et enragée !

 

[message de spectateur] reçu le 10 novembre 2020, au temps du confinement :
"Loin des théâtres, je ne peux entendre les cris des comédiens, il nous faut nous battre pour recréer du lien. Au-delà de six semaines les marins mangèrent le moussaillon. Nous avons pris quatre pour le théâtre mais nous ne sommes pas au bout de nos peines, des scientifiques, peut-être malgré eux, tiennent en leurs mains le bâillon."
Bernard, spectateur

[message de spectatrice] reçu le 10 novembre 2020, au temps du confinement :
"Assister à un spectacle vivant c'est faire vivre et vibrer nos sens, nos émotions, notre corps, parties de nous trop souvent négligées dans notre société très/trop cérébrale. C'est vivre ensemble et partager un moment baigné dans l'énergie du groupe (artistes et spectateurs). Cela me manque actuellement plus que jamais !"
Sandrine, spectatrice

[message de spectatrice] reçu le 25 octobre 2020, au temps du couvre-feu :
"Confinée, masquée, distancée, couvrée, reconfinée... chronique d'une année des impossibles.

Je suis une spectatrice de spectacles vivants.
Je vais, après mes temps de travail, m'assoir dans des salles obscures ou dans l'espace public où des artistes vivants me parlent, m'émeuvent, me réjouissent, me bousculent.
Ces espaces-temps, loin d'être pour moi un luxe, sont une bulle nécessaire, ils me nourrissent et m'élèvent. Ils sont aussi des temps d'assemblées où de précieux échanges peuvent se produire.
Les lieux qui m'accueillent travaillent à favoriser ces rencontres entre des artistes, des oeuvres, et moi, et nous, spectatrices et spectateurs.
 
Au printemps un virus a mis une parenthèse à ces r'assemblements.
Les portes des lieux se sont fermées, et, ici où là, il a pu s'écrire, ou se dire, que la culture vivait dans l'espace numérique. C'était vrai. Mais c'était un pis-aller.
Déconfinée, j'ai repris le chemin des espaces de spectacles vivants. Les professionnel·le·s ont mis en oeuvre des protocoles sanitaires. Ils m'ont distanciée des autres au risque de ne plus remplir les salles qu'à moitié de leur capacité et de mettre en danger leur économie parfois si fragile. J'y suis revenue masquée, parce qu'adulte responsable, heureuse de retrouver ces artistes qui m'avaient tant manqué, heureuse de retrouver ces échanges d'avant et d'après spectacle, heureuse de rentrer chez moi avec le sentiment d'avoir vécu un moment irremplaçable.
 
L'été a vu l'annulation de très nombreux festivals. Certains ont pu s'adapter, avec des contraintes fortes, des rédactions de protocoles, des organisations complexes de placement, de réservations, de fonctionnement pour m'accueillir.
A ces lieux, ces festivals, ces évènements publics, à ces professionnel·le·s qui ont oeuvré à adapter, tricoter, et détricoter les programmations et protocoler sans cesse pour qu'artistes et public se rencontrent, je tiens à leur témoigner toute ma reconnaissance.
 
L'automne est arrivé avec de nouvelles circulations de virus. Aux mots guerriers du printemps font écho ceux d'aujourd'hui. Il s'agit de me maintenir chez moi. Nous, spectatrices et spectateurs toulousains connaissions le « carnet pleins feux », nous voici en saison couvre-feux. Tous les lieux de convivialité, d'échanges, de rencontres, de partage voient leur lumière s'éteindre avant 21h. Après le travail, rentrez chez vous ! Mais quelle bombe va nous tomber sur la tête entre 21h et 23h (heure des fermetures choisie par l'Allemagne) ? Quel virus va plus circuler dans les théâtres, cafés, restaurants à partir de 21h que dans la journée, que dans les espaces commerciaux, transports en commun, lieux de travail ? J'ai entendu que les lieux de travail n'étaient pas risqués puisque nombre d'entreprises avaient adapté leur espace aux gestes barrières. Mais n'est-ce pas aussi le cas des entreprises du spectacles, des bars et des restaurants, avant ce couvre-feu et avant 21h ?
 
Alors, cela, cette incohérence, signifie quoi ?
Que la vie ne doit plus se résumer qu'à produire et consommer ?
Que tout ce qui touche au sensible, et, au-delà du spectacle vivant, à ce qui n'est pas l'indispensable - gagner de l'argent et abreuver les actionnaires, se nourrir - ne serait pas pour autant nécessaire et important ? Que l'essentiel qu'il faut conserver ouvert en ce reconfinement n'inclut pas ce qui nourrit notre cerveau et nos émotions, uniquement notre porte-monnaie par le travail et les caddies pour s'alimenter ?
Qu'après le boulot, dodo ?
Que ces pans entiers de l'économie, tous ces emplois, dans le spectacle et les lieux de convivialité n'ont pas de valeur ?
 
Un couvre-feu au moyen-âge était une mesure pour rappeler aux habitants d'éteindre leur feu afin d'éviter que des incendies ne se déclarent.
Sentant le risque d'incendie social qui éclate depuis l'an passé, ne serait-on pas en train d'éteindre nos braises, et nous habituer, peu à peu à n'être plus qu'homo-travailleur-consommateur. "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?"
 
Je ne peux me résoudre à accepter ce qui nous résumerait à cette vie-là."
Une spectatrice

[message de spectatrice] reçu le 25 octobre 2020, au temps du couvre-feu :
"Pour moi, assister aux spectacles vivants c’est par définition VIVRE. C’est rêver, m’évader, souffler, apprendre, communiquer, partager …
Qui dit partager, dit AVEC. Vivre avec = CONVIVIALITE !

Avec le couvre-feu, le temps est limité ! Le temps de partage après les spectacles est d’autant plus réduit, voire impossible donc adieu la convivialité ! (Elle était déjà bien amochée par le port du masque et les mesures sanitaires draconiennes mais acceptables si nécessaires pour lutter contre la pandémie). Impossible également de souffler puisqu’il faut surveiller l’heure et courir pour être rentré à temps !
Toutefois, après trois mois de confinement, j’ai besoin d’assister à des spectacles vivants coûte que coûte, au moins pour survivre dans un premier temps. Cela n’est toutefois pas satisfaisant car survivre n’est pas vivre ! Au temps du couvre-feu, assister à des spectacles vivants est donc devenu aussi un acte militant : au-delà de pouvoir me sentir libre, m’évader, être avec les autres ne serait-ce que le temps d’un spectacle, c’est essayer d’éviter les fermetures des Théâtres (et tout ce que ça implique : suppressions d’emplois directs ou indirects…), permettre aux artistes de jouer (et pour eux valider des cachets...).
Or, c’est tous ensemble que nous pourrons y parvenir car ne le nions pas : si nous sommes encore en vie, nous sommes tous fragiles et ce couvre-feu (par définition moyen de masquer les lumières et ne pas donner de cible à l’ennemi en temps de guerre) ne peut que nous (le peuple dans son ensemble) fragiliser davantage. Ce n’est pas lui qui va nous protéger de l’ennemi (Covid ?) Bien d’autres mesures pourraient (auraient pu) être prises (mais c’est un autre débat…). A bien y réfléchir, ce couvre-feu n’éteint pas toutes les lumières ! Les néons, les lampadaires des villes restent allumés, les ordis, télés, vendeurs de « rêves » déshumanisés ne sont pas impactés…
Alors pour moi, assister aux spectacles vivants au temps du couvre-feu, c’est faire en sorte que :
• Les lieux puissent continuer à agir et non à subir !
• Les artistes puissent continuer à briller de mille feux et non se consumer !
 
Assister AUX spectacles vivants = Assister LES spectacles vivants = NOUS assister TOUS !"
Une spectatrice du Grand Rond

[message de spectatrice] reçu le 23 octobre 2020, au temps du couvre-feu :
"Assister à un spectacle vivant au temps du couvre feu c'est : vivre un moment d'éblouissement, d'étonnement, d'agacement et d'énervement parfois, c'est être témoin du regard affûté ou dérisoire des artistes, c'est être pris de tout son être par ce qui est là, maintenant, c'est être dans le moment présent, c'est vivre sa présence au monde par les mots, musiques, mouvements que nous donnent les artistes, c'est partir à l'aventure pour 40 mn, 1h, 2h et parfois plus (à dire vrai pas trop en ce moment), c'est passer du fou rire aux larmes, c'est se reconnaître dans ce qui est joué devant nous, mais avec des mots, des corps, des sons tellement plus aiguisés que les nôtres, c'est ressentir pleinement le mouvement des danseurs et des circassiens, les phrases et les silences des comédiens, la mélodie des musiciens, c'est être avec ces/ses autres spectateurs inconnus et pourtant dans le partage avec eux de ce moment unique , c'est vibrer, c'est rêver, c'est tout ça et tellement plus, c'est toucher à l'indicible, c'est une façon d'être au monde, encore et toujours, indispensable, nécessaire, oui nécessaire...
et oublier ainsi un instant, un instant seulement, tout ce nouveau vocabulaire qui régit notre quotidien : la crise du coronavirus, la situation sanitaire, les gestes barrières, les horaires chamboulés, le port du masque, le couvre-feu, la distanciation sociale, tous ces mots qui nous séparent, nous catégorisent, nous isolent, nous esseulent (soyons fous, j'invente un verbe)."
Florence, spectatrice

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